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Romain GagnonIngénieur, auteur et conférencier

L’humanité, la présomption et une taxe carbone innovante : vers une solution simple pour un grand…

L’humanité, la présomption et une taxe carbone innovante : vers une solution simple pour un grand problème

La lutte contre le changement climatique est l’un des défis les plus pressants de notre époque. Et si une solution résidait dans l’une des caractéristiques les plus intangibles de l’humanité : notre présomption ?

Dans mon récent essai politique intitulé « Vers l’abrutissement de l’espèce humaine », j’ai abordé diverses dimensions des comportements humains à l’ère technologique. Mais l’une des idées discutées est que la technologie pour séquestrer le CO2 de l’atmosphère est non seulement possible, mais déjà opérationnelle. Toutefois, comme de nombreuses solutions innovantes, le coût est une préoccupation : 135$ par tonne de CO2 captée.

Mais qu’en est-il d’une solution qui allierait technologie, finance et… vanité humaine ?

La taxe sur le carbone : une perspective différente

La plupart des gens perçoivent la taxe sur le carbone comme une pénalité, un moyen de dissuader l’utilisation de combustibles fossiles. Mais que se passerait-il si nous changions cette perspective ? En ajoutant une taxe de 36 cents par litre à l’essence, nous pourrions en fait “pré-capter” le CO2 qui sera émis par la suite. Bien que cela puisse sembler une taxe lourde, en réalité, elle serait tout sauf prohibitive pour un segment considérable de la population.

La vanité : le carburant de la révolution verte

Il n’est pas rare de voir des voitures de luxe sur les routes, des véhicules qui coûtent deux à trois fois le prix des modèles économiques. Pourtant, toutes les voitures, qu’elles soient luxueuses ou économiques, ont le même objectif fondamental : transporter des personnes d’un point A à un point B. La différence de prix est souvent justifiée par le confort, les performances ou les technologies avancées. Cependant, le facteur sous-jacent est le statut social.

Si l’achat d’une voiture de luxe est une déclaration de statut, pourquoi ne pas étendre cette logique à l’essence elle-même ? Imaginez une pompe “carboneutre” dans chaque station-service, où l’essence coûte 36 cents de plus par litre. Ceux qui choisissent cette option, en plus de soutenir la technologie de capture du CO2, pourraient revendiquer un nouveau statut social : des individus conscients de l’environnement, des leaders écoresponsables.

La reconnaissance du statut

La reconnaissance est cruciale pour que cette idée fonctionne. Un achat à la pompe “carboneutre” procurerait un autocollant distinctif pour la voiture, montrant au monde l’engagement du propriétaire envers la planète.

Pour assurer l’intégrité du système, les stations pourraient utiliser les caméras déjà en place et un simple logiciel d’intelligence artificielle pour identifier les voitures portant cet autocollant et s’assurer qu’elles utilisent bien la pompe appropriée.

Vers un avenir plus vert

Cette solution a le potentiel de mobiliser une partie significative de la population sans les contraintes des infrastructures des voitures électriques ou des usines de batteries. Elle n’exige pas de grands sacrifices, mais plutôt une réorientation de notre désir inné de reconnaissance et de statut.

En fin de compte, l’humanité a toujours trouvé des moyens de se vanter et de rechercher la reconnaissance. Si cette tendance peut être utilisée pour servir un bien plus grand, pourquoi ne pas l’adopter ? Après tout, les solutions les plus efficaces sont souvent les plus simples.

Romain Gagnon, ing.

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