Au lieu de dénigrer le Québec, le ROC devrait s’en inspirer

Au lieu de dénigrer le Québec, le ROC devrait s’en inspirer
Que trois chefs de parti aux dernières élections fédérales promettent une fois élus de pourfendre la loi 21 qui est largement supportée par la population québécoise a de quoi ébranler les convictions même des plus fervents fédéralistes québécois.
Pourtant, il faut se garder de mettre la loi 21 dans le même panier que la loi 96. Cette dernière constitue une mise à jour de la loi 101, une sempiternelle source de conflit entre anglophones et francophones au Québec. En revanche, les fondements idéologiques qui supportent la loi 21 n’ont rien à voir avec le Québec, sous réserve peut-être de sa proximité culturelle avec la France, la championne internationale en matière de laïcité.
Plusieurs Canadiens ne réalisent pas qu’au nom du multiculturalisme, ils mettent en péril la principale valeur dont se targue leur pays : la liberté. Certes, une première analyse suggère qu’au pays de la liberté, tout citoyen, y compris un représentant de l’état, devrait pouvoir afficher ouvertement sa religion et en porter les signes ostentatoires de son choix. Hélas, une telle analyse est non seulement simpliste mais aussi bien naïve.
Le Canada est et devrait rester une terre d’accueil pour tout immigrant issu de quelque religion que ce soit mais qui veut s’établir au pays parce qu’il en partage les valeurs dont celle de la liberté. Malheureusement, notre naïve politique d’immigration a également attiré des intégristes religieux qui arrivent au Canada avec la mission divine de convertir les mécréants que nous sommes, tout comme les colons européens évangélisaient autrefois les populations autochtones.
Or, l’homophobie religieuse, le sexisme, et la charia sont incompatibles avec la Charte Canadienne des droits et liberté. C’est là que s’écroule le beau principe théorique du multiculturalisme Canadien. Et c’est pourquoi, au nom de la liberté, l’Histoire nous enseigne qu’il faut maintenir un pare-feu entre la religion et l’état afin justement de prévenir la discrimination. C’est ce que fait la loi 21 au Québec. Et c’est ce que devrait faire une loi similaire dans tout le pays.
Au lieu de se livrer à du « Quebec bashing » les media canadiens devraient s’inspirer du modèle québécois pour faire évoluer leur bout de pays. C’est ça la force du fédéralisme. C’est dans la diversité idéologique et culturelle que se bâtissent les meilleurs pays.